Portrait : Baladji, futur électrotechnicien

Baladji est arrivé du Burkina Faso après y avoir suivi une scolarité sans accrocs, mais non reconnue en France. Pour décrocher une formation qualifiante et construire son projet professionnel, il a rejoint l’Ecole de la 2ème Chance Paris. Aujourd’hui il s’épanouit dans le domaine qui l’a toujours intéressé - l’électrotechnique - et prévoit même de poursuivre en BTS pour se spécialiser.

Photo BNPIX

Lorsque je suis arrivé à Paris en Octobre 2013, j’avais tout juste 21 ans. Au Burkina Faso, j’avais suivi le parcours scolaire classique, et au moment de mon départ je démarrais une terminale scientifique. Arrivé en France j’ai voulu m’inscrire au lycée pour poursuivre ma scolarité, mais on m’a expliqué que j’étais trop âgé pour cela, et on m’a recommandé les cours du soir. Je n’en avais pas envie. Alors je me suis rendu à la mission locale, où mon conseiller m’a parlé de l’Ecole de la 2ème Chance : j’ai tout de suite accroché, parce qu’il avait des ateliers de remise à niveau en français, mathématiques, culture générale mais aussi informatique, et c’était exactement ce que je cherchais : un bagage pour trouver plus facilement un emploi. J’avais déjà une attirance pour les métiers techniques, et comme je suis assez bricoleur, je pensais à devenir électricien.

Ensuite c’est allé très vite : j’ai appelé l’E2C Paris et ils m’ont inscrit à une réunion d’information collective, suivie d’un entretien individuel avec deux formateurs afin d’évaluer ma motivation et ma capacité à suivre le cursus. Une semaine plus tard, j’étais accepté. J'ai fait ma rentrée en Janvier 2014, et j’y suis resté environ 8 mois.

« Trouver un stage c’est très difficile… seul, c’est quasiment impossible ! Mais à l’E2C Paris on est aidés et soutenus. »

Les ateliers de remise à niveau m’ont tout de suite plu, c’était exactement ce que j’espérais. Rapidement je me suis mis à la recherche de mon premier stage, avec l’aide des formateurs qui m’ont aidé à faire mon cv et ma lettre de motivation. Je voulais faire un stage en électricité mais cela a été impossible à trouver. Du coup, j’ai ciblé les boulangeries : après tout, les stages à l’E2C sont faits pour découvrir différents métiers et choisir celui qui nous plait le plus. J’ai facilement trouvé un stage dans une boulangerie-pâtisserie proche de chez moi.

Franchement, quel que soit le contexte, trouver un stage c’est très difficile… seul, c’est même quasiment impossible !!! Mais à l’E2C Paris on est aidés et soutenus pour y arriver : les formateurs nous conseillent et font régulièrement des points avec nous, jusqu’à ce qu’on ait trouvé.

Mon stage à la boulangerie s’est très bien passé, malgré des horaires difficiles (je commençais à 6h le matin !). J’aidais le boulanger et le pâtissier selon leurs besoins, et parfois même je les ai remplacés. J’ai beaucoup appris pendant mes trois semaines là-bas.

Ensuite j’ai fait trois autres stages de trois semaines chacun, dans des hôtels ou des résidences hôtelières, à chaque fois comme agent de maintenance. Electricité plomberie, parfois menuiserie, maçonnerie et même un peu de ménage : j’aimais bien cela car les activités étaient variées et je retrouvais le côté technique qui m’intéressait. A la fin de mon dernier stage, j’ai décidé de m’orienter vers l’électrotechnique. Avec l’E2C Paris, je me suis rendu sur le Forum de l’Alternance où j’ai trouvé un Bac professionnel en ELEEC (Electrotechnique, Energie, Equipements Communicants) à l’UFA Maurice Rondeau, en Seine-et-Marne. Ma candidature a été acceptée, sous réserve que je trouve un employeur qui m’accueille et me finance en apprentissage. J’ai eu du mal, mais avec l’aide de mes formateurs j’ai finalement trouvé un poste d’agent de maintenance dans un hôtel près du Parc des Expositions de Paris. J’ai démarré le 15 décembre 2014, in extremis !

« Mon patron m’a dit qu’il pourrait certainement me recruter après le Bac, mais moi j’ai décidé de faire un BTS »

Et voilà, ma formation se termine le 31 août et j’en suis très content. Dans 5 mois je serai bachelier ! Mon patron m’a dit qu’il pourrait certainement me recruter, mais moi j’ai décidé de poursuivre mes études pour me spécialiser encore plus : je voudrais faire un BTS d’électrotechnique, pour ensuite travailler dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique… faire de la technique tout en préservant l’environnement, ce serait mon idéal. Je me verrais bien installateur d’équipements photovoltaïques, par exemple. J’ai trouvé le BTS que je veux faire, et en ce moment je passe des entretiens en entreprise car il s’agit encore d’une formation en alternance. J’aimerais beaucoup rentrer chez le n°1 français de l’électricité car je sais que là-bas je serai bien formé, et ils investissent dans les énergies renouvelables. Je ne sais pas si j’y arriverai, mais sinon je sais que je trouverai ailleurs : plus rien ne m’arrête maintenant !

« Avec d’autres anciens stagiaires, on a écrit une lettre au Président de la République, pour lui dire d’aider l’E2C ! »

Globalement je suis très content de mon parcours. J’ai aujourd’hui mon propre logement dans un foyer de jeunes travailleurs, que j’ai pu financer grâce au salaire de mes stages en alternance. Je garde un très bon souvenir de mon passage à l’E2C Paris et je suis reconnaissant à toute l’équipe pour son aide : c’est grâce à eux qu’aujourd’hui je fais quelque chose qui me plait. Je suis toujours en contact avec eux, et d’ailleurs je sais que je peux y retourner quand je veux pour demander conseil, ou utiliser un ordinateur par exemple, pour faire mes recherches de stage.

J’ai quelques souvenirs marquants de cette époque-là, comme lorsque nous avons participé au Téléthon en animant des jeux : c’était un beau moment, et cet esprit de solidarité m’a marqué. Je garde aussi un super-souvenir des ACA, les remises d’attestations de compétences de l’E2C Paris, en Juin 2015 : on était tous tellement contents… et fiers de nous surtout !

J’ai gardé plusieurs amis qui étaient à l’E2C Paris en même temps que moi. On a été tristes et choqués d’apprendre ses difficultés financières en 2015. Du coup, on a écrit une lettre au Président de la République, pour lui dire que l’association fait un travail formidable et que l’Etat doit absolument l’aider à poursuivre sa mission !